Les chroniques ovines

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A destination des éleveurs, cette rubrique a pour but de donner des conseils de saison, mais aussi des informations économiques et de marché. Les chroniques sont réalisées en partenariat avec Laurence SAGOT de l’institut de l’Elevage / CIIRPO.
Leur parution est hebdomadaire.

De la paille à la place du foin

Si les stocks d’herbe récoltés ne sont pas suffisants pour passer l’automne et l’hiver, c’est le moment de commander de la paille supplémentaire. Un camion de 18 tonnes livrés, soit environ 1000 €, assure la ration de base de 200 brebis pendant 3 mois. Cette année, il y aura peu de foin de bonne qualité sur le marché et les rations à base de paille seront, en règle générale,  d’un meilleur rapport qualité/prix.

Les agneaux et les brebis vides en priorité
Les premiers animaux à passer à la paille sont les agneaux. Par rapport à un foin de première coupe, les croissances sont équivalentes et les consommations de concentré inchangées.  D’ailleurs, les bonnes pailles sont toujours mieux consommées que les mauvais foins et facilitent la rumination.  La ration des brebis vides et en milieu de gestation peut également être à base de paille en y ajoutant de la céréale. Enfin, une ration de base mixte foin et paille convient aux brebis en lactation en adaptant la quantité de concentré à cette ration beaucoup moins riche en énergie et en protéines.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Préparer le haras de béliers pour les luttes de fin d’été et de début d’automne

Pour être en pleine possession de leurs moyens, les béliers doivent présenter un bon état corporel à la mise en lutte sans pour cela être trop gras. Une note d’état corporel  de 3 sur une échelle de 0 à 5 (de très maigre à très gras) est alors recommandée. Une alimentation équilibrée tout au long de l’année, y compris en vitamines et minéraux, est indispensable. Un flushing (+15 % d’énergie dans la ration) deux mois avant la mise à la reproduction est fortement conseillé. D’autre part, un parage et éventuellement un passage au pédiluve limite les boiteries.

Les jeunes béliers avec des brebis expérimentées

Pour les luttes de fin d’été et d’automne, les ratios recommandés pour une durée de 35 jours de lutte sont les suivants : 1 bélier pour 40 à 50 brebis et 1 bélier pour 20 à 25 agnelles. De plus, excepté pour les sélectionneurs (contrôle de paternité), disposer au moins 2 béliers par lot de brebis est une sage précaution, et ce quelle que soit la taille du lot. Les impacts d’un bélier infertile sont ainsi moindres.

Enfin, il est conseillé de mettre en lutte les béliers antenais, jeunes et inexpérimentés, avec des brebis adultes. Les béliers de 3 à 5 ans peuvent saillir indifféremment des femelles adultes ou des agnelles, mais toujours en séparant les deux catégories pendant la lutte. Les mâles reproducteurs de plus de 5 ans sont à réformer. Quant aux jeunes de moins de 18 mois (soit 25 % du haras de béliers pour assurer le renouvellement), ils ne sont pas mis en lutte car ils sont toujours en période de croissance.

Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Du colza à pâturer pour les agneaux

Finir des agneaux sevrés sur du colza fourrager, semé pur ou en mélange, est tout à fait possible. Contrairement aux idées reçues, les carcasses ne sont pas plus colorées qu’avec les autres modes d’alimentation à âge équivalent et ce quelque soit la durée de pâturage. Le colza est une plante parfaitement équilibrée au niveau alimentaire (0,9 UF et 90 g de PDI par kg de matière sèche) et ne nécessite aucun apport de concentré ni de fourrage sec. Les croissances sont de l’ordre de 200 à 250 g par jour. Enfin, aucun problème sanitaire particulier n’est à craindre, toutes les variétés de colza étant désormais 00 (sans acide érucique et sans glucosinolate). 

20 à 30 agneaux par ha maximum

Deux mois après la levée, le colza peut commencer à être pâturé. La transition alimentaire est inutile : les agneaux consomment progressivement le colza d’eux-mêmes. Selon les quantités d’herbe disponibles (qui varie du simple au quadruple selon la pluviométrie), on peut espérer finir au mieux entre 20 et 30 agneaux par hectare. Si la surface n’est pas suffisante pour tous les agneaux, mieux vaut y mettre les plus gros. Les plus petits rentrent en bergerie ou bien sur prairies avec du concentré si l’objectif est de les finir le plus rapidement possible. Inutile de faire pâturer le colza au fil ou au filet. Toutefois, si la surface est vraiment grande, il peut être judicieux de la séparer en sous parcelles d’un ou deux hectares afin de faciliter la surveillance des animaux.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

L’enrubannage et la listériose

La listériose est à l’origine de symptômes nerveux sous sa forme la plus fréquente et, plus rarement, d’avortements. Les brebis atteintes présentent des symptômes tels que la fièvre, une parésie unilatérale entraînant un comportement anormal (tourner en rond par exemple), la tête déviée, une oreille pendante, une perte de salive abondante…

Les animaux consommant des fourrages humides (enrubannage, ensilage) sont particulièrement exposés. La listéria se loge dans la terre et s’y développe facilement. Dans un lot d’animaux consommant le fourrage contaminé, la proportion d’animaux atteints est proche de 100 % mais les symptômes ne sont observés que chez certains animaux. En effet, c’est seulement en cas d’absorption de nombreuses bactéries ou bien sous l’effet de facteurs favorisants (gestation ou stress par exemple) que la maladie se déclare. 

Prévenir de nouveaux cas

En cas de symptômes liés à la listériose, l’objectif est surtout de prévenir l’apparition de nouveaux cas. Des traitements antibiotique et à base de probiotiques sont envisageables. Il est observé l'arrêt d'apparition de nouveaux cas dans les 8 jours suivant l'administration du probiotique. N’hésitez pas à contacter votre vétérinaire. Il n’y a pas de vaccin disponible et la prévention repose sur deux principes : d’une part, récolter de l’enrubannage avec de bonnes qualités de conservation et surtout sans terre ; d’autre part le rationner en particulier en fin de gestation, période à laquelle les brebis sont particulièrement sensibles à l’avortement. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Pédiluve : la règle des 3 quinze

Pour traiter les boiteries avant qu’elles ne s’enveniment, le pédiluve est une solution à la fois pour les brebis et pour les agneaux. Deux produits peuvent être ajoutés à l’eau. Le sulfate de zinc reste le meilleur compromis avec un coût de 45 à 50 € HT le sac de 25 kg. On retiendra alors la règle des trois quinze : 15 cm d’eau, 15 minutes de trempage, 15 % de sulfate de zinc. Le sulfate de cuivre peut également être utilisé à raison de 5 à 10 % avec un coût de 80 à 90 € HT les 25 kg. Il a pour inconvénient d’être toxique en cas d’ingestion et oxydant. Le mélange de ces deux produits n’apporte pas grand chose de plus qu’une utilisation en pure. 

Quels que soient le produit et le type de pédiluve utilisés, son entretien (vidange et nettoyage) est la meilleure garantie de son efficacité. Si le pédiluve n’est pas propre, le remède est pire que le mal : des brebis saines peuvent ressortir contaminées du pédiluve, devenu au fil des passages, un véritable bouillon de culture. Enfin, les premiers passages des agneaux sont souvent difficiles. Ne pas séparer les agneaux de leurs mères facilite toutefois un peu la tâche. Il est également possible d’ajouter de la paille dans le pédiluve. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Des brebis sur une exploitation de grandes cultures : un atout pour le revenu

Dans un contexte de cours de céréales particulièrement variable, la production ovine peut donner un équilibre économique et agronomique aux exploitations de grandes cultures. Les brebis valorisent parfaitement bien toutes les surfaces à contraintes environnementales : CIPAN (Cultures Intermédiaires Piège A Nitrates), surfaces à intérêt agronomique. D’autre part, les ovins utilisent les produits de l’exploitation (paille, céréales) ainsi qu’un large panel de coproduits.  D’autre part, les aspects agronomiques sont un atout majeur de cette mixité ovins-céréales. Grâce à l’introduction des prairies dans la rotation, et en particulier de luzerne, les quantités de produits phytosanitaires peuvent être diminuées (Ecophyto®). 

Une mixité gagnante

Des économies de phosphore et de potasse sont réalisées grâce au fumier et les déjections liées au pâturage couvrent une partie des besoins du sol. Les ovins contribuent ainsi au maintien ou à l’augmentation de la matière organique et ainsi du stockage du carbone. 

En France, une brebis sur cinq se situe en zone de grandes cultures ou de polyculture élevage. Les données du dispositif INOSYS – Réseaux d’élevage montrent que les performances techniques et économiques des élevages ovins en zones de grandes cultures et de polycultures élevage sont comparables à celles des exploitations spécialisées des zones les plus intensives.  Enfin, en planifiant la conduite du troupeau, le travail d'élevage s’intercale très bien avec celui des travaux des champs. Pour en savoir plus, une vidéo « élever et vivre des brebis sur une exploitation céréalière » et une fiche technique «  Des brebis sur votre exploitation de grandes cultures : un atout pour votre revenu » sont disponibles sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr. 

CP : Laurent Solas (Chambre d’agriculture 71)
Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Les graines de soja crues ne remplacent pas le tourteau

De part leur valeur alimentaire, les graines de soja crues ne sont pas une source d’azote susceptible de remplacer un tourteau. En effet, ces graines sont relativement pauvres en azote avec 215 g de PDIN par kg brut et seulement 76 g de PDIE, soit une valeur équivalente à celle d’une céréale. Une graine de soja est par contre riche en énergie avec 1,08 UFL par kg de matière brute. Seule une transformation thermique des graines (graine toastée ou extrudée) améliore la digestibilité des protéines. Par rapport aux graines crues, les valeurs PDIN et PDIE sont alors majorées de respectivement 20 et 160 %.

Pas plus de 400 g par jour
D’autre part, la graine de soja est particulièrement riche en matière grasse : 18 % contre 4 % pour les céréales. Son incorporation doit donc être limitée afin que le taux de matière grasse total de la ration ne dépasse pas les 5 % recommandés. Au delà, une sous consommation de fourrages et des problèmes digestifs sont à craindre. Jean Legarto de l’Institut de l’Elevage précise « que la limite supérieure d'utilisation de la graine de soja se situe  à 400 g brut par brebis et par jour mais que la recommandation optimale est aux alentours de 300 g par jour ». La graine de soja crue peut être distribuée entière. Son intérêt économique, même si elles sont produites sur l’exploitation, reste à calculer.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Le Berger futé : un concours pour les éleveurs

Si vous êtes éleveur ovin et avez mis au point une astuce qui vous simplifie le travail, n’hésitez pas à vous inscrire au concours du Berger Futé organisé par l’APOSNO, l’association organisatrice du Salon National TECH-OVIN. Ce concours est doté de 2 000 € de prix qui seront partagés entre les trois lauréats, dont 1000 € pour le premier. Il a pour objectif de récompenser et de promouvoir les astuces mises en place par les éleveurs ovins sur leurs exploitations. Tous les outils imaginés et mis au point à un niveau individuel comme collectif dans le but d’améliorer l’efficacité du travail et les performances de l’élevage, et/ou de réduire la pénibilité des tâches peuvent concourir. Ces astuces peuvent concerner les aspects matériels ou les aspects organisation du travail ou encore conduite du troupeau. 

Tous les participants se verront offrir 2 entrées pour le Salon Tech-Ovin qui aura lieu les 6 et 7 Septembre 2017 à Bellac. Ces prix seront remis aux vainqueurs sur le Salon Tech-Ovin 2017. 

Pour concourir, un dossier est à compléter et à retourner avant le 19 Juillet 2017. Vous pouvez le télécharger sur le site de Techovin  

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

L’enrubannage coûte 40 % de plus que le foin

L’enrubannage coûte 40 % plus cher que le foin ramené à la tonne de matière sèche : 92 € contre 65 € (source : Herbe et fourrages en Limousin 2015). Sa valeur alimentaire reste exclusivement liée à celle du fourrage fauché et donc au stade de la plante. L’identification des bottes par le nom de la parcelle facilite la répartition en fonction du type d’animaux au cours de l’hiver. Les marques sur les bottes à l’aide de bombes de peinture de (rouge, bleu, vert) pour animaux résistent aux intempéries toute une campagne. Les brebis à forts besoins, c’est-à-dire celles en début de lactation sont prioritaires sur les meilleurs fourrages, c’est-à-dire ceux récoltés les plus tôt. 

Pas de terre et suffisamment sec
De plus, l’enrubannage doit être d’excellente qualité afin d’éviter les problèmes sanitaires. Le principal facteur de réussite reste le taux de matière sèche à la récolte, avec un optimum compris entre 50 et 60 %. En effet, la fauche est en général réalisée début épiaison pour les graminées et bourgeonnement pour les légumineuses et le fourrage est récolté en brins longs. Il est ainsi moins riche en sucres et plus difficile à tasser. Le développement des bactéries butyriques est favorisé, entraînant de mauvaises qualités de conservation. En dessous de 40 % de matière sèche, le risque est plus élevé. De plus, la présence de terre (attention aux taupinières !) accentue les risques de listériose. Au-delà de 70 % de matière sèche, les bottes sont insuffisamment tassées et des moisissures apparaissent. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Les brebis maigres en lactation sous surveillance

Les brebis qui ne sont pas en bon état à l’agnelage produisent systématiquement moins de lait. Selon une étude réalisée par le CIIRPO avec des brebis de race Mouton Vendéen,  l’écart de vitesse de croissance au cours du premier mois de lactation entre des brebis en bon état corporel (note d’état corporel supérieure ou égale à 3*) et des brebis plus maigres (note d’état corporel inférieure à 3*) s’établit à 30 g par jour pour les agneaux allaités simples et 17 g par jour pour les agneaux allaités doubles, et ce pour des poids de portées équivalents à la naissance.

Des agneaux complémentés

Si c’est le cas et que les lactations sont assurées à l’herbe, il est inutile d’ajouter du concentré aux brebis en lactation. L’herbe de printemps a une valeur alimentaire très élevée et la complémentation n’apporte rien de plus. Par contre, complémenter les agneaux à partir de 3 semaines ou un mois d’âge permet d’anticiper sur un sevrage précoce. En effet, rien ne sert de prolonger la lactation après 70 jours si les brebis sont maigres. Cela peut être le cas en particulier des antenaises (millésime 2015) et des vieilles brebis (millésimes 2009 et 2010). Les brebis maigres sont alors taries et les agneaux sont finis en bergerie. L’apport de concentré à l’herbe facilite ainsi la transition alimentaire, même si elle ne règle pas toujours les problèmes d’acidose.    

*pour en savoir plus, consulter la vidéo « évaluer l’état corporel des brebis » sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Ténia : 6 mois de pâturage sont nécessaires avant l’immunisation

Le ténia est le premier parasite digestif des agneaux d’herbe. Les jeunes agneaux ou les animaux qui n’ont jamais pâturé se contaminent dès les premiers brins d’herbe ingérés, en avalant un acarien, l’oribate, qui est l’hôte intermédiaire du ténia. Les premiers signes cliniques peuvent apparaître sur les agneaux ou les agnelles dès 5 à 6 semaines après la mise à l’herbe. Les animaux présentent alors un mauvais état général avec un déficit de croissance. Des troubles digestifs avec constipation ou diarrhée, un amaigrissement et une laine sèche et cassante sont des signes possibles. Les agneaux manquent de vigueur, avec une anémie possible. Le risque d’enterotoxémie est accru.

5 semaines après la mise à l’herbe
Le traitement se fait par administration d’un médicament spécifique du ténia ou d’un produit polyvalent ténia-strongles à partir de 5 semaines après la sortie à l’herbe ou le début de la consommation effective d’herbe. Le renouvellement du traitement, 5 à 6 semaines après la première administration, peut être nécessaire. L’immunité contre le ténia se développe en quelques mois. Ce ne sera donc plus un souci dans la plupart des cas après 6 mois de pâturage. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la vidéo « le ténia du jeune agneau »  sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Eliminer les taupinières : une "assurance qualité" pour les récoltes

Si les taupes ne sont pas éliminées rapidement, les taupinières altèrent fortement la qualité des ensilages et enrubannages. En effet,  de la terre est systématiquement apportée dans les fourrages lors de la fauche, du fanage et de l’andainage. Des micro-organismes dont les bactéries butyriques présentes en particulier dans la terre favorisent alors l’apparition de substances toxiques et une remontée du PH. Le fourrage récolté humide devient alors instable et les moisissures se développent. Les problèmes sanitaires et de qualité du lait pour les laitiers sont alors inévitables.

Formation obligatoire pour le gazage
En ce début de printemps, la population de taupes est importante car les mises-bas ont lieu de janvier à mars. Le gazage au PH3 fait partie des solutions possibles. Cette méthode, très réglementée, reste la plus efficace si la population de taupes est importante. Elle peut être réalisée par une entreprise prestataire de service agréée ou bien par l’agriculteur lui-même. Une formation spécialisée puis des agréments annuels sont alors nécessaires. Pour en savoir plus, vous pouvez contacter le service régional de l’alimentation à la DRAAF. Dans tous les cas, le passage de la herse étrille les 2 à 3 jours précédents  permet de localiser les taupinières les plus fraiches et donc d’être plus efficace.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Des stocks insuffisants en céréales : les options possibles

Plusieurs solutions sont possibles si vos stocks de céréales ne sont pas suffisants pour faire la soudure avec la prochaine récolte. Les principales consistent à acheter des céréales ou bien des aliments complets.
Pour les brebis, acheter des céréales (orge, triticale, blé ou maïs) se traduit par une économie d’environ 2 € par brebis par rapport à l’achat d’un aliment complet (pour une ration à base de foin de graminées au cours des 4 dernières semaines de gestation et les 10 semaines de lactation).

Faire le calcul avant de commander
Pour les agneaux finis en bergerie, l’écart est de l’ordre de 4 à 5 € par agneau sur toute la durée de finition entre l’achat d’un aliment complet et celui de céréales. En conséquence, si vous avez l’habitude d’utiliser vos céréales dans la ration de vos animaux, il est dans la plupart des cas plus économique d’acheter une céréale à la coopérative avec un complément azoté que de l’aliment complet. Muni des valeurs alimentaires des aliments et de leur coût, il suffit de faire le calcul pour le vérifier. Cependant, si vous avez l’habitude de finir vos agneaux à l’aliment complet, l’année est mal choisie pour essayer le mélange fermier compte tenu de la variabilité de la valeur des céréales.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Le chlorure d’ammonium pour limiter les risques de gravelle

Les rations riches en phosphore (céréales, protéagineux…) favorisent la formation de minuscules cristaux dans l'urine. Ces cristaux sont transportés par le flot urinaire et peuvent bloquer l'urètre.  Cette maladie est appelée lithiase urinaire ou gravelle.

L’ajout de chlorure d’ammonium à raison de 0,5% dans la ration est une solution pour la prévenir. Depuis 2013, le chlorure d’ammonium est de nouveau considéré comme un additif pour l’alimentation des ruminants. Car entre 2009 et 2013, la délivrance d’une ordonnance vétérinaire était devenue obligatoire pour utiliser ce composé sous la forme de pré mélange médicamenteux. Désormais, il suffit de vérifier qu’il figure bien sur la liste des additifs de l’aliment « agneaux » pour les préserver des lithiases urinaires. Le chlorure d'ammonium est en effet un acidifiant puissant qui permet d'abaisser le pH des urines. La formation des calculs est ainsi fortement réduite. Philippe Dubois, vétérinaire au GDS de la Charente indique toutefois que « la ration ne doit pas contenir de produits tampons (bicarbonate ou magnésie par exemple)  qui s’opposeraient à l’acidification recherchée ».

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Moins de travail à l’agnelage avec des abreuvoirs installés dans les cases

L’installation d’abreuvoirs dans les cases d’agnelage fixes est une possibilité pour alléger le travail en période d’agnelage. Les cases sont alignées au bord d’un couloir ou bien du bardage. Un abreuvoir à poussoir est utilisé par les deux cases installées de part et d’autre, ce qui permet de limiter le coût. Deux solutions de fixation de l’abreuvoir sont possibles. La première consiste à le fixer à la claie. Une prise rapide le relie alors à une ligne d’eau aérienne. La seconde solution consiste à fixer les abreuvoirs directement sur le bardage. Ils sont ainsi installés tous les deux mètres pour des cases d’agnelage d’un mètre de large par exemple. Quand les cases restent fixes, c’est la meilleure option car les prises rapides sont plutôt sujettes aux fuites d’eau avec le temps. Dans les deux cas, fixer l’abreuvoir de façon à ce que le bas du bol soit situé à 55 cm du sol (sans fumier) pour des brebis de 60 à 70 kg. 

Pour équiper 20 cases d’agnelage déjà en place, compter environ 500 € hors taxes tout compris, soit 25 € par case. Le prix d’une case d’agnelage neuve en bois avec abreuvoir (un pour deux cases) est de l’ordre de 50 € sans la ligne d’eau.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Luttes naturelles de printemps : les erreurs à éviter

Au printemps, la grande majorité des brebis, y compris celles des races dites « désaisonnées », ne présentent pas de cycle sexuel en l’absence des mâles. En effet, à cette saison, ce sont les béliers qui déclenchent les ovulations. Et seules les brebis adultes y répondent. Il est donc particulièrement risqué de mettre des agnelles en lutte naturelle au printemps si l’objectif est qu’elles mettent bas en automne. 

Pour les brebis, des durées de luttes de trois cycles soit deux mois sont alors fortement conseillées car le premier cycle est souvent peu fécondant. Une alternative consiste à utiliser des béliers vasectomisés. Ces mâles conservent leur libido mais sont rendus stériles par la rupture de leurs canaux déférents (opération chirurgicale réalisée par un vétérinaire qui coûte de l’ordre de 80 € par mâle). Après 14 jours de contact avec les femelles, ils sont remplacés par les mâles reproducteurs prêts à saillir les brebis sur leurs cycles fécondants.

Beaucoup de béliers

Dans tous les cas, les brebis et les béliers doivent être soigneusement préparés à la lutte et le ratio mâle/femelles de l’ordre d’un mâle pour 20 à 25 femelles doit être respecté pour mettre toutes les chances de son côté.  De plus, les femelles doivent être potentiellement fertiles, c'est-à-dire avoir mis-bas lors de la lutte précédente et être taries depuis au moins un mois. Elles doivent également être en état ou bien en reprise de poids. 

Suite à ces luttes, il est très utile de réaliser des diagnostics de gestation. En effet, un taux de fertilité à cette saison est considéré très correct au delà de 80 %.  Les brebis vides peuvent alors intégrés le lot de lutte suivant et ne pas être suralimentées au moment où leurs congénaires gestantes sont en fin de gestation. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Au printemps, le semis sous couvert des prairies est possible

Plus largement pratiqué dans le cas des installations des légumineuses (luzerne, trèfle), le semis sous couvert des prairies est également possible pour des prairies d’association voire multi-espèces.

Le semis de prairies sous une céréale de printemps (orge ou avoine par exemple) permet de fournir une récolte de la céréale en grains ou au stade immature alors que bien souvent un semis de prairie sur sol nu au printemps ne pourra donner en année sèche qu’une faible production estivale de fourrages. La productivité de la première année se trouve donc améliorée. Par ailleurs, le salissement du couvert sera plus réduit car il ne faut pas oublier qu’avec un semis de printemps, la levée des espèces prairiales est facilitée tout comme celle des mauvaises herbes.

Le mode d’emploi

Sous couvert d’une avoine de printemps, il est impératif de semer avant le 15 avril. L’avoine est alors semée assez clair (50 à 70 kg/ha).  Pour le mélange prairial, le semoir à céréales est utilisé bottes relevées. Il faut alors éviter le semis en ligne pour la partie prairie. A l’arrière du semoir, la petite herse suffit à enterrer les graines dans les deux premiers centimètres. En cas de printemps sec, le couvert peut souffrir. Dans ce cas, il ne faut pas hésiter à avancer la fauche en faisant de l’enrubannage ou un ensilage. Avec un printemps plus arrosé, on peut aussi récolter à foin le couvert au stade pâteux de l’avoine. Après la récolte, la prairie s’installe alors et du côté du salissement, les mauvaises herbes (bien souvent annuelles) sont stoppées par la fauche.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Patrice PIERRE (Institut de l’Elevage)
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

La pasteurellose de l’agneau

Les pasteurelles sont, entre autres, à l'origine d'une infection contagieuse de l'appareil respiratoire de l’agneau pouvant évoluer sous deux formes : une forme respiratoire responsable de lésions pulmonaires et une forme septicémique. Dans le premier cas, les agneaux présentent une hyperthermie avec plus de 40°C de température. Dans le second cas, la mort est le plus souvent brutale. L'incidence économique de cette maladie peut être lourde. D’une part, le taux de mortalité peut être élevé ; d’autre part, la dégradation de l'intégrité pulmonaire a immédiatement des répercussions sur la capacité d'ingestion et la valorisation alimentaire, provoquant un retard de croissance. Enfin, des saisies partielles ou totales peuvent être prononcées à l’abattoir. 

Des traitements possibles

L’ambiance du bâtiment reste un des facteurs essentiels au développement de la pasteurellose : insuffisance ou excès de ventilation du bâtiment, trop forte concentration en ammoniac, écarts thermiques importants…Les mélanges d’animaux de classes d’âges différentes, une densité trop importante ou un stress (sevrage, transport, allotement…) sont également des facteurs favorisants. 

Après autopsie, la mise en évidence du germe sur un prélèvement de poumon permet d’identifier la bactérie. «  Il est important de savoir que les pasteurelles responsables de broncho-pneumonies peuvent être de natures différentes, que des mycoplasmes peuvent également sévir » précise Pierre Autef, vétérinaire praticien en Haute Vienne. Sur les animaux malades, un traitement antibiotique approprié diminue de façon importante les pertes. L’amélioration des conditions d’ambiance de la bergerie après un diagnostic d’ambiance en présence des animaux (compter entre 200 et 400 € HT) reste une étape indispensable pour diminuer les effets de la pasteurellose. Un vaccin qui protège contre les sérotypes les plus fréquemment rencontrés chez les ovins est également commercialisé. Vous pouvez contacter votre vétérinaire pour en savoir plus. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
d’après un article de la Société Nationale des Groupements Techniques Vétérinaires

La bergerie est prête pour l’agnelage

Les brebis qui vont mettre bas sont prioritaires en ce qui concerne la place dans la bergerie. Mieux vaut « sortir à l’herbe » un lot de brebis vides ou en milieu de gestation que de manquer de place pour les agnelages. En effet, une trop forte densité d’animaux pendant l’agnelage augmente la mortalité des agneaux. Les recommandations sont les suivantes pour des brebis de format moyen.  Pour une brebis gestante, comptez 1,5 m² d’aire paillée et 2,5 brebis au mètre linéaire d’auge. Avec des brebis allaitantes, trois brebis au mètre linéaire d’auge peuvent manger en même temps. La surface d’aire paillée recommandée est de 1,5 m² minimum pour une brebis allaitant un agneau et 2 m² minimum pour une brebis allaitant deux agneaux, sachant que les cases d’agnelage puis les parcs à agneaux (s’il y a) sont inclus dans ces surfaces.

Curer avant l’agnelage
Le curage est souvent obligatoire entre deux lots d’agnelage. Pour des raisons sanitaires, il est de toute façon nettement préférable à l’enlèvement du fumier au cours de la lactation. Juste avant les premières mises-bas, il est possible de diviser les grands lots en petits lots de 20 à 30 brebis et de procéder à l’installation des cases d’agnelage. Prévoir de 15 à 30 % de cases d’agnelage selon le taux de prolificité. Un agencement des cases le long d’un couloir de 1,2 m de large facilite la surveillance et l’alimentation. De même, l’installation d’un abreuvoir pour deux cases d’agnelage est particulièrement appréciable (compter 25 € par case). Pour une surveillance facilitée,  les brebis sont regroupées par petits lots d’une dizaine de femelles à la sortie des cases d’agnelage. Une marque de couleur sur les agneaux par lot évite qu’ils ne se perdent. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

30 g par jour de croissance en plus par portée avec des brebis en bon état

Quelle que soit la taille de la portée, l’état des brebis à la mise bas a des effets sur sa production laitière. Ainsi, dans l’étude conduite par le CIIRPO et l’Institut de l’Elevage, l’écart de vitesse de croissance au cours du premier mois de lactation entre des brebis en bon état corporel (NEC ≥3) et des brebis plus maigres (NEC<3) s’établit à 30 g par jour pour les agneaux nés et allaités simples et 17 g par jour pour les agneaux nés et allaités doubles, et ce pour des poids de portées équivalentes à la naissance. Les brebis très maigres à l’agnelage (NEC = 1,5) produisent beaucoup moins de lait que les brebis en meilleur état. Même si elles n’allaitent qu’un seul agneau, sa vitesse de croissance au cours du premier mois d’allaitement est pénalisée de plus de 40 g par jour.

Les mêmes écarts sont constatés quelle que soit la catégorie d’âge des femelles à la mise bas : jeunes (moins de 2ans), adultes (de 3 à 5 ans) ou plus âgées (plus de 6 ans).

Pour en savoir plus sur ce sujet, vous pouvez consulter la vidéo : « évaluer l’état corporel des brebis » et la fiche technique CIIRPO : « effets de l’état corporel des brebis à la mise bas sur la croissance de leurs agneaux » sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Sept nouvelles vidéos pour éduquer son chien de troupeau

De nouvelles vidéos viennent d’être réalisées sur le chien de conduite. Réalisées en partenariat par la MSA, l'Institut de l'Elevage et l'Association Bas-Normande d'Utilisateurs de Chiens de Troupeau (ABNUCT), ces vidéos mettent en image la manière de choisir un chiot, de préparer son arrivée sur l'exploitation agricole et de gérer ses premiers mois. Tous ces bons conseils préparent les éleveurs d’ovins et de bovins sans distinction au parcours de formation et leur permettent d'être dans de bonnes dispositions pour la formation "Education et dressage", animée par un formateur agréé par l'Institut de l’Elevage.

La MSA est impliquée dans la promotion du chien de troupeau depuis plusieurs années aux côtés de l'Institut de l'Elevage. Un chien éduqué et maîtrisé présente plusieurs atouts : efficacité lors des chantiers, gain de temps et travail en sécurité pour l'éleveur et son troupeau. Suite à la formation "Éducation et dressage", la formation "Comprendre son troupeau pour travailler en sécurité avec son chien", animée par un formateur agrée de l'Idele et un conseiller en prévention est proposée par les services de Santé Sécurité au Travail de la MSA. Retrouvez ces vidéos sur la page web chien du site http://chiens-de-troupeau.idele.fr sur lequel des fiches techniques sont également disponibles.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Florian Dassé (CCMSA) et Barbara Ducreux (Idele)

Minéraliser les brebis en fin de gestation

Pour les brebis qui pâturent et qui sont en bonne santé, l’apport adapté de minéraux toute l’année est souhaitable mais difficile à réaliser en pratique. Une conduite simple et économe est à privilégier. En effet, dans ce domaine, les excès sont plus préjudiciables que les carences. Cependant, dans la majorité des exploitations, les brebis ne pâturent plus d’herbe depuis un moment. Un mois minimum avant l’agnelage, il est important de minéraliser les brebis, même si elles sont dehors.  Pour les brebis sans concentré, les pierres à lécher et les seaux sont les plus utilisés. Pour couvrir leurs besoins, les animaux doivent en consommer 15 à 20 g par jour, ni plus ni moins ! Philippe Dubois, vétérinaire au groupement de défense sanitaire des Charentes explique « que les seaux présentent toutefois trois inconvénients et qu’il faut les réserver aux situations où on ne peut pas faire autrement.  Leur coût est élevé, l’ingestion par les brebis peu homogène et leur teneur en certains oligoéléments  reste limitée par la toxicité ».  Les bolus sont efficaces et agissent sur une durée plus longue pour un coût d’environ 2 € par brebis.

Un CMV pour les brebis avec du concentré

Sous forme de semoulette, de poudre ou de granulé, le Complément Minéral Vitaminé (CMV) reste la formule la moins chère pour des animaux qui reçoivent du concentré. Il faut alors compter 700 à 900 € la tonne. De l’ordre de 10 à 30 g par brebis sont alors distribués par jour. Les aliments complets et complémentaires en sont généralement pourvus. Il suffit de vérifier la composition sur le bon de livraison. « Les apports par pompe doseuse restent également efficaces mais sont plus chers. Par contre, les doses chocs (un seul apport de minéral) en buvable et en injectable sont d’un assez mauvais apport qualité/prix » conclut le vétérinaire.

Pour en savoir plus, consulter la lettre technique des éleveurs ovins n°24 sur www.inn-ovin.fr et www.idele.fr

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Le concours du berger futé est ouvert !

Dans le cadre de la 10ème édition de Tech-Ovin,  APOSNO, association organisatrice du Salon National Ovin, relance son concours « Berger Futé ».  

Ce concours est réservé aux éleveurs. Il a pour objectif de récompenser et de promouvoir les astuces mises en place par les éleveurs ovins sur leurs exploitations. Ce terme astuce, regroupe tous les outils imaginés et mis au point par les éleveurs ovins, à un niveau individuel comme collectif dans le but d’améliorer l’efficacité du travail et les performances de l’élevage, et/ou de réduire la pénibilité des tâches. Ces astuces peuvent concerner les aspects matériels ou les aspects organisation du travail ou encore conduite du troupeau. 

Tous les participants se verront offrir 2 entrées pour le Salon Tech-Ovin qui aura lieu les 6 et 7 Septembre 2017 à Bellac. Ce concours est doté de 2 000 € de prix qui seront partagés entre les auteurs des 3 meilleures astuces. Ces prix seront remis aux vainqueurs sur le Salon Tech-Ovin 2017. 

Pour concourir, un dossier est à compléter et à retourner avant le 19 Juillet 2017 à l’adresse concours.techovin@remove-this.gmail.com 

Nicolas Faurie, directeur du salon Techovin

Les brebis de réforme ne sont pas prioritaires cet hiver

attendre le printemps pour les engraisser à l’herbe, la ration la moins chère, ou bien les vendre en l’état

L’engraissement des brebis de réforme n’est pas prioritaire sur l’exploitation et cette technique ne se justifie que si les stocks sont supérieurs aux besoins des brebis qui produisent des agneaux. Or, les stocks de fourrages et de céréales sont déjà bien entamés après un été et un automne 2016 particulièrement secs. Sauf si les stocks sont suffisants, il vaut donc mieux les vendre en l’état ou bien attendre le printemps pour qu’elles se finissent à l’herbe. 

Une des conditions pour que l’engraissement des brebis de réforme soit économiquement intéressant reste le coût de la ration.  Ce dernier ne doit pas dépasser 20 centimes d’euro par jour. En hiver, 700 g de céréale avec du foin de graminées de première coupe sont nécessaires pour engraisser une brebis en moins de 4 mois. Avec une ration à base d’ensilage de maïs, l’ajout de concentré n’est pas nécessaire mais encore faut-il en avoir suffisamment ! Dans les deux cas, les coûts de ration sont de l’ordre de 15 à 17 centimes d’euros avec des aliments produits sur l’exploitation.

Des rations à exclure
Compte tenu des quantités de concentré importante à apporter, les rations à base de paille sont à exclure. De même, les modes d’alimentation à volonté en concentré, comme cela peut se faire pour les agneaux, conduisent à des aberrations économiques. Les brebis présentent en effet de fortes capacités d’ingestion et sont capables d’ingérer plusieurs kg d’aliment par jour. D’autre part, les fourrages d’excellente qualité sont à réserver aux brebis à forts besoins azotées. Enfin, les tentatives d’engraissement exclusivement à l’herbe en hiver ont toutes été décevantes avec des objectifs de croissances qui n’étaient pas au rendez-vous. 

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter les deux fiches « quels types de brebis de réforme faut-il engraisser » et « quelles rations pour les brebis de réforme » ?

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Peser le colostrum de vaches avant de le congeler

Si le colostrum de brebis allaitantes ne pose pas de problème de qualité en règle générale, il n’en est pas de même pour celui des vaches laitières. Selon une récente étude, 57 % des colostrums de première traite (race Holstein) affichent un taux d’immunoglobulines inférieur à 50 g par litre et sont ainsi de mauvaise qualité. Avant de congeler du colostrum destiné à complémenter les nouveaux nés, il est donc utile d’en vérifier la qualité.

Le pèse colostrum ou le réfractomètre

Deux outils peuvent être utilisés pour discriminer les « bons » et les « mauvais » colostrums. Le pèse colostrum, d’un coût de 27 € HT environ, s’achètent dans les coopératives d’approvisionnement en matériel d’élevage. Son mode d’utilisation est simple : la qualité du colostrum est estimée sur une échelle de concentration en protéines, les immunoglobulines en faisant partie. Cet outil a été étalonné pour du colostrum de bovin à une température de 20°C. Attention à ne pas peser des colostrums tout juste traits ou bien sortis du réfrigérateur. Si « le flotteur » se situe dans la graduation rouge, le colostrum affiche moins de 50 g d’IgG par litre et n’est pas à conserver. Le réfractomètre, autre outil de mesure, est d’un coût plus élevé : de 40 à 200 €. Une goutte de colostrum suffit et la lecture est immédiate. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Les activités du CIIRPO sont financées par l’Union Européenne et les conseils régionaux Nouvelle Aquitaine et Centre Val de Loire

Des brebis en bon état à la mise-bas, c’est moins de mortalité chez les agneaux

Quelle que soit la taille de la portée, le taux de mortalité des agneaux reste fortement lié à la note d’état corporel (NEC) des brebis à la mise-bas. Ainsi, dans l’étude conduite par le CIIRPO et l’Institut de l’Elevage¹ avec des brebis de race Mouton Vendéen, les brebis très maigres (NEC<2) affichent un taux de mortalité total de leurs agneaux de plus de 22 % contre 16 % pour les brebis en bon état (NEC ≥3). Sur les agneaux nés triples, les effets de l’état corporel des brebis sont encore plus marqués avec une différence de 9 % pour une note d’écart.

En fait, les effets de l’état corporel des brebis à la mise-bas sont notables dès les 10 premiers jours d’âge des agneaux.  Pour les brebis très maigres, le taux de mortalité des jeunes s’établit à 11 % contre moins de 8% pour les brebis en bon état. Le poids de naissance qui reste la première cause de disparition des jeunes agneaux ne peut être incriminé puisque ce dernier reste peu variable. 

Nous ne disposons pas actuellement de ces références pour les races rustiques et prolifiques.

Pour en savoir plus sur la grille de notation de l’état corporel, vous pouvez consulter une vidéo (« évaluer l’état corporel des brebis ») et une fiche technique (« note d’état corporel des brebis : grille de notation et recommandations ») sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

¹Etude réalisée en 2016 à partir de 2824 brebis de race Mouton Vendéen conduites sur le site expérimental du Mourier 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Les aliments de démarrage sont sans intérêt

Au cours des deux premiers mois de sa vie, le lait constitue l’essentiel de la ration de l’agneau. Sa vitesse de croissance est alors directement liée aux quantités de lait dont il dispose. Aucun aliment, qu’il s’agisse de fourrage ou de concentré ne peut compenser totalement un manque de lait. Dès l’âge de 15 jours, l’agneau est capable de consommer du fourrage et du concentré mais en très faibles quantités. A partir de 5 semaines, il peut éventuellement être sevré et valoriser les aliments secs.

Le même aliment du début à la fin
Plusieurs essais ont été réalisés concernant la nature de l’aliment à apporter dans le jeune âge. Ils montrent que l’aliment distribué en période de finition peut alors être utilisé avant le sevrage. L’utilisation des aliments dits de « démarrage » ou « starter » (aliment complet de diamètre 2,5 mm) ne se justifie pas, à l’exception des aliments médicamenteux utilisés pour des raisons sanitaires En effet, les croissances des agneaux et les quantités de concentré consommées jusqu’au sevrage ne sont pas pénalisées si l’on commence la complémentation directement avec l’aliment destiné à la finition. Les plus faibles niveaux d’ingestion en concentré parfois mesurés dans le premier mois de la complémentation ne se traduisent en aucune façon par une baisse de performances. Dans cette phase de démarrage, l’aplatissage de la céréale n’apporte rien. Au contraire, il favorise les acidoses. La distribution de maïs grain ou de protéagineux entiers n’a fait l’objet d’aucun essai mais cette pratique est mise en œuvre en élevages sans problème particulier.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Le retour du virus de Schmallenberg

Le virus de Schmallenberg, différent de celui de la FCO, a pour principale conséquence la naissance d’agneaux malformés et des avortements. Il a été identifié la première fois fin 2011 en Allemagne et le 25 janvier 2012 en France. De nouveaux cas apparaissent de nouveau cet automne.
Les agneaux sont touchés par des malformations congénitales touchant principalement le squelette et le système nerveux. Parmi les signes caractéristiques, on peut citer des articulations bloquées, du torticolis, des tendons du jarret raccourcis, après la mise bas, des agneaux nés vivants peuvent présenter des signes nerveux de type hémiplégiques.
Pierre Autef, vétérinaire particien à Bellac (87) rappelle que « ce virus est transmis par des insectes piqueurs. Dans cette forme congénitale, la contamination des brebis se situe entre 28 et 56 jours de gestation ».

Depuis 2013, un vaccin est disponible pour les ovins. Un test sérologique permettant de vérifier facilement si votre troupeau est atteint est également à disposition. N’hésitez pas à contacter votre vétérinaire.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Le déroulement d’un agnelage

La brebis cherche à s’isoler. Avec les contractions qui se rapprochent et s’intensifient, la future mère tourne en rond, gratte avec son pied, se lève et se recouche, bêle parfois. Sous l’effet des contractions, le premier agneau engage sa tête à l’entrée du bassin. La brebis se lève et se couche alors sans cesse. La « poche des eaux » se rompt sous l’effet de la pression. Ce liquide légèrement gluant facilite alors la mise-bas. Il a aussi une odeur attractive pour la brebis qui va mettre bas à l’endroit où le liquide a été expulsé. Ce sera un moyen pour elle de reconnaître son agneau après l’agnelage. Hubert Germain, vétérinaire à l’Agneau Soleil et formateur rappelle que « l’apparence de cette poche des eaux peut être un signe d’intervention. Si la poche qui s’est rompue est claire mais très allongée, cela signifie que la brebis a beaucoup poussé et que l’agneau est sans doute mal placé. Si les eaux sont jaunâtres, le fœtus expulse son méconium et cela peut être un signe de souffrance. Enfin, si la poche des eaux rompue est foncée ou malodorante, l’agneau a souffert. Attention, si l’agneau se présente en siège, la poche des eaux peut se rétracter en arrière et ne pas se percer ».  

Une expulsion rapide

Lorsque tout se présente pour le mieux, ce qui reste la grande majorité des cas, les deux onglons avant de l’agneau apparaissent, puis son nez. Lorsque la brebis reste allongée et lève la tête vers le ciel, l’expulsion de l’agneau est rapide. Après les pattes avant et la tête, la croupe et les pattes arrière tendues vers l’arrière  sortent sans beaucoup d’effort de la part de la brebis. L’expulsion des annexes, le résidu d’amnios ou « poche rouge », puis du placenta, survient entre quelques minutes et une heure ou deux après l’agnelage. La « poche rouge » est souvent signe qu’il ne reste plus d’agneau à l’intérieur. Il est toutefois judicieux de s’en assurer.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Petit rappel d’anatomie de la brebis gestante

En production ovine, les « vrais jumeaux » ne seraient pas plus nombreux que chez les humains, soit moins de 4 cas pour mille naissances. La plupart des agneaux multiples sont donc de « faux jumeaux », en fait des frères et sœurs qui n’ont pas forcément le même père ! Ils ont donc chacun leur placenta contrairement aux « vrais jumeaux » qui ont un placenta commun car ils proviennent du même œuf.

Le placenta  est l’enveloppe qui relie l’embryon à la paroi utérine de sa mère. Durant toute la gestation, il apporte au fœtus l'eau, les nutriments et l’oxygène dont il a besoin. Il évacue aussi le dioxyde de carbone et les déchets métaboliques. Le placenta adhère à l’utérus de la mère au niveau des cotylédons. Le sang, les grosses molécules et la plupart des parasites et microbes ne peuvent pas traverser le placenta : les nouveau-nés naissent « vierges » de toute infection, mais aussi dépourvus d’immunité réelle.  

Tous les nutriments passent par le cordon

Le cordon ombilical est l'organe qui relie le fœtus à son placenta. C'est là que circulent les vaisseaux sanguins qui alimentent l'embryon puis le fœtus pendant la gestation : les nutriments et l’oxygène. Le chorion est la membrane externe des enveloppes du fœtus. Le liquide amniotique remplit la poche dans laquelle baigne l'embryon, l’amnios. L’allantoïde est l’autre poche. Elle sert d'appareil respiratoire pour l'embryon et de zone d'élimination des déchets. 

A suivre dans le prochain épisode de votre chronique ovine : le déroulement d’une mise bas.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Un logiciel de gestion troupeau pour simplifier le travail

Parce qu’ils sont disponibles sur un smartphone, une tablette ou un ordinateur portable, les logiciels de gestion de troupeau sont utilisables directement en bergerie. Il faut compter à partir de 200 € pour la licence (sans le lecteur électronique), coût auquel il faut ajouter celui de la maintenance annuelle à partir de 60 € par an. Les lecteurs sont commercialisés à partir de 200 € HT.
L’utilisation d’un logiciel de troupeau a plusieurs avantages. En premier lieu, il permet de gagner du temps. Par exemple, les bons d’enlèvement des agneaux se font rapidement.

Plus d’erreur de numéro
Les données du troupeau sont également plus fiables. Ainsi, il n’y a plus d’erreur de numéro sur le carnet d’agnelage. D’autre part, les données sont immédiatement valorisables. Les agnelles sont choisies facilement sur les performances de leur mère sur toute leur carrière. Le tri des brebis improductives et à problèmes est également facile. Enfin, le logiciel peut également s’avérer d’une aide précieuse vis-à-vis de la réglementation.  Par exemple, le carnet d’agnelage est à jour : il sert de document de pose des boucles, de cahier sanitaire …. En cas de contrôle, les informations demandées sont immédiatement disponibles. Pour en savoir plus, une fiche technique « la lettre technique des éleveurs ovins n°26 « spéciale logiciel de gestion de troupeau » est à votre disposition sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

La transmission de son exploitation, un enjeu pour toute une filière

La production ovine française a besoin d’éleveurs pour produire des agneaux. Or, plus de 50% d’entre eux ont plus de 50 ans. Le renouvellement des éleveurs est donc une question de survie pour la filière ovine française. Alors que le contexte économique est plutôt favorable, de plus en plus de jeunes ou moins jeunes souhaitent s’installer en élevage ovin. Mais pour un certain nombre d’entre eux, trouver une exploitation relève du parcours du combattant.

L’anticipation est l’une des règles d’or
Une exploitation agricole est souvent l’œuvre d’une vie. Savoir que son activité perdura, que le cheptel ne sera pas démantelé et qu’une nouvelle famille pourra vivre sur la base de ce que l’on a construit est une grande satisfaction mais à condition que la transmission se passe dans de bonnes conditions. L’anticipation est l’une des clés de la réussite. Il faut donc prendre le temps de réfléchir, de s’informer et également de le faire savoir suffisamment à l’avance pour que des candidats potentiels puissent se faire connaître. Pour vous accompagner dans cette démarche, des conseillers de la chambre d’agriculture spécialisés dans la transmission sont à votre écoute et pourront vous apporter un appui précieux. Le répertoire départ installation a été récemment toiletté pour améliorer la recherche de successeurs et la mise en avant des offres d’exploitations (www.repertoireinstallation.com). Vous pourrez également trouver un acquéreur auprès de la SAFER ou de votre notaire. Et n’oubliez pas votre conseiller d’élevage et/ou votre coopérative. Ils sont souvent sollicités en direct par des candidats à la reprise.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Audrey DESORMEAUX, Fédération Nationale Ovine

Des brebis prêtes à mettre bas

La durée de gestation moyenne des brebis est de 145 jours et les premières mises-bas ont lieu entre 140 et 142 jours (pour des agneaux viables). Pour effectuer le calcul de la date du premier agnelage, il suffit d’ajouter 5 mois à la date de mise à la reproduction puis d’y soustraire 10 jours. Ainsi, pour une mise à la reproduction le 30 juin, les mises-bas commencent vers le 20 novembre.
A cette période de l’année, il est préférable de rentrer les brebis en bergerie un mois avant le début des mises-bas. La transition alimentaire se fait ainsi en douceur, les risques de toxémies de gestation et d’avortements liés à des chocs sont moins importants. Réaliser des analyses de crotte reste une sage précaution car les infestations de petites et grandes douves ainsi que les strongles gastro-intestinaux sont à surveiller à cette période de l’année.

Les alloter à la rentrée en bergerie
Les brebis peuvent être allotées suivant qu’elles portent un ou deux agneaux. Cela simplifie le travail et la surveillance de l’agnelage. Les économies de concentré sont de l’ordre de 2 € par brebis simple avec une ration à base de foin de qualité moyenne (contre 8 € en lactation).  En fin de gestation, les fourrages  encombrants (plus grossiers) sont privilégiés car les regains et enrubannages distribués à volonté sont consommés en trop grande quantité et à l’origine de prolapsus.  Ainsi, les foins de première coupe conviennent parfaitement à ce stade physiologique, les fourrages de meilleure qualité étant réservées aux brebis en début de lactation ou bien alors rationés en fin de gestation.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Identifier les coccidies avant de traiter

Douze espèces de coccidies sont connues en ovins, mais seulement 3 sont pathogènes, les autres étant inoffensives.  C’est la raison pour laquelle, lors d’une coproscopie, un  typage des espèces est nécessaire. Aujourd’hui, tous les laboratoires réalisent cette prestation.

La coccidiose entraine des baisses de croissance des agneaux qui peuvent être sévères et dans tous les cas, les lots sont hétérogènes. Ces contre performances sont liées au développement de coccidies dans l’intestin. Et comme toute infestation parasitaire interne, elle peut favoriser des épisodes d’entérotoxémie avant même les premiers symptômes. Seuls les jeunes sont sensibles, les brebis adultes deviennent résistantes. Si de jeunes agneaux à partir d’un mois d’âge présentent une diarrhée verdâtre ou noirâtre, qu’ils ont une laine « piquée » (sèche et hirsute), et qu’ils se lèchent  le ventre donnant à la laine un aspect marbré, la coccidiose peut être suspectée, souvent aggravée par une infestation par les strongyloïdes.

Plusieurs traitements possibles

S’agissant d’une maladie contagieuse (les animaux infestés rejettent les coccidies qui vont être ingérés par un hôte sensible), l’ensemble du lot d’agneaux doit être traité en cas d’infestation. Laurent Saboureau, vétérinaire à l’Alliance Pastorale explique « que trois types de produits sont aujourd’hui utilisés : la sulfadimérazine (ou sulfadiméthoxine) pendant 3 à 5 jours, le diclazuril ou bien le toltrazuril en une seule administration. Pour les élevages à risques, un traitement préventif contre les signes cliniques peut être réalisé. Les trois précédents anthelminthiques cités précédemment auxquels s’ajoute le décoquinate (distribué pendant un mois) sont alors utilisés en traitements préventifs. Des cas de résistance ayant été observés, il est conseillé de changer de produit lorsque ce dernier est réalisé en systématique. Un traitement contre les strongyloïdes doit alors être associé ».

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Le tourteau de colza comme seul correcteur azoté dans la ration des brebis

Le tourteau de colza peut être utilisé seul comme correcteur azoté dans la ration des brebis quel que soit le fourrage de base. Il est donc inutile d’ajouter un autre type de tourteau ou complémentaire azoté. La ration bénéficie alors d’un apport supplémentaire en phosphore et la complémentation minérale doit être ajustée à la baisse. Le tourteau de colza ne présente pas de problème d’appétence quelle que soit sa forme de présentation. Certes, il est moins appétent que celui de soja mais les brebis s’y habituent en quelques jours.

Des niveaux de performances inchangés et des économies

Pour une ration à base de foin ou d’ensilage d’herbe, l’incorporation de ce tourteau d’oléagineux dans la ration est économiquement intéressante dès qu’il côte moins de 72 % du prix du tourteau de soja. Pour des brebis en début de lactation par exemple, il faut prévoir 100 g par jour de tourteau de plus lorsque celui de colza remplace celui de soja. La quantité de minéraux est alors de l’ordre de 10 g par brebis et par jour. Par rapport aux rations avec d’autres sources de protéines, les performances des agneaux allaités par des mères bénéficiant de tourteau de colza sont inchangées. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter les fiches « du tourteau de colza en lactation » ou  « pratique d’utilisation du tourteau de colza pour les ovins viande » sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr. Des rations et prix d’intérêts y sont indiqués avec différents fourrages.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Du maïs grain récolté au bon stade pour un stockage en boudins

Alternative au séchage, le maïs grain humide peut se conserver sous forme d’ensilage. Il est alors broyé ou aplati puis placé dans un film en polyéthylène de 1,2 m à 1,6 m de diamètre tout de suite après la récolte afin d’y être conservé. Le maïs conservé humide est récolté plus tôt que le maïs grain destiné à être séché, soit entre 32 et 38 % d’humidité. Dès que le point noir apparait à la base du grain, le maïs est prêt à être récolté et ensilé. Jean Georges Cazaux de l’Association Générale des Producteurs de Maïs indique que « cette année, beaucoup de maïs sont versés et il ne faut pas attendre de récolter pour une conservation en humide. Les maïs conservés à moins de 28 % d’humidité peuvent repartir en fermentation si la vitesse d’avancement du boudin est trop lente, c’est-à-dire inférieure à 15 cm par jour. Il est alors possible d’ajouter un conservateur mais le coût du stockage est alors majoré».

22 à 25 € le mètre linéaire

Un maïs grain humide correctement stocké conserve sa valeur alimentaire qui est la même que celle d’un maïs sec ramené au taux de matière sèche. Le coût du conditionnement en boudins par une entreprise est d’environ 22 à 25 € le mètre linéaire pour un diamètre de 1,60 m du boudin et avec une densité de 1500 kg brut au mètre. Ce coût peut être plus faible avec l’utilisation d’une « boudineuse » achetée en CUMA par exemple. L’investissement d’un silo souple spécialement conçu pour ce mode de stockage diminue également son coût s’il est réalisé tous les ans.  A titre de comparaison, le séchage et le stockage du maïs en organisme de stockage coute entre 25 € et 28 € la tonne (se renseigner auprès de sa coopérative pour les tarifs exacts).

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Des prélèvements de crottes pour traiter moins et mieux !

Comme chaque automne, il convient d’être attentif aux parasites internes des brebis et agnelles, même si les conditions climatiques estivales paraissent peu favorables à leur développement, ce qui peut être trompeur. L’analyse coprologique mesure le nombre d’œufs présents dans les fèces pour chaque parasite. Elle quantifie en fait un niveau d’excrétion à partir duquel il est parfois difficile d’extrapoler au niveau d’infestation. Elle reste cependant un bon indicateur en particulier pour les strongles gastro intestinaux et la petite douve.

Des prélèvements individuels dans tous les cas
Le mode de réalisation des prélèvements revêt une grande importance sur la fiabilité des résultats. A l’exception des crottes des agneaux de bergerie qui peuvent éventuellement être mélangées, tous les autres prélèvements doivent être réalisés en individuel en notant le numéro de l’animal sur le prélèvement. Compter 5 à 7 prélèvements par lot de brebis. Ces derniers sont acheminés le jour même ou le lendemain au plus tard pour analyse par un laboratoire (laboratoire départemental ou celui de l’Alliance Pastorale) ou par le vétérinaire en prenant soin de les conserver au réfrigérateur. Une analyse coute environ 10 € (elles sont gratuites à l'Alliance Pastorale) et certains laboratoires réalisent désormais des analyses de mélange aussi fiables pour un coût moindre (mais c’est le laboratoire qui se charge du mélange des prélèvements qui doivent absolument rester à la brebis).  Contactez votre vétérinaire ou votre technicien pour vous aider à analyser les résultats.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Des céréales touchées par la fusariose dans la ration des brebis

Les conditions climatiques très humides de ce printemps ont pu favoriser le développement de champignons sur les céréales, susceptibles d’être toxiques pour les ovins. « Le stade floraison, stade critique pour le développement des fusarioses sur les épis a justement fait l’objet d’une protection pour limiter les risques indique Pierre Vincent Protin d’ARVALIS-Institut du végétal.  Même si dans certains cas, les conditions climatiques ont pu favoriser le développement de Fusarium graminearum, le problème reste minoritaire puisque heureusement les conditions humides au cours de la floraison ont été accompagnées de températures fraiches (souvent inférieures à 20°C) favorisant ainsi plutôt le développement de Michrodochium nivale (épillets isolés touchés) non producteur de mycotoxines.  Au vue des conditions de l’année et de la variabilité rencontrée sur le territoire, il faut évidemment faire preuve de prudence sans pour autant être alarmiste ».

Entre 100 et 150 € pour une analyse

Aucun indicateur de couleur de la céréale n’est fiable pour évaluer le niveau de contamination potentiel. En effet, la couleur et la taille du grain ne permettent pas de statuer sur le type de champignon. « Des défauts de remplissage du grain, très courants sur la récolte de cette année, peuvent être confondus avec de la fusariose et pourtant, ce n’en est pas » ajoute Pierre Vincent. L’analyse de mycotoxines est possible et fiable à condition de prélever un échantillon représentatif (l’unité de mesure est alors la partie pour milliard !). Cette analyse coute entre 100 et 150 €.  Rappelons enfin que les catégories d’animaux les plus sensibles aux mycotoxines sont les jeunes puis les brebis gestantes et en lactation.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Un flushing sans herbe cet automne

Dans la majorité des régions françaises, les brebis sont alimentées au foin depuis plusieurs semaines et il n’y a pas d’herbe pour assurer le flushing des luttes d’octobre. Dans ces conditions, comment assurer des taux de fertilité et de prolificité corrects ? Faut-il ajouter des céréales à la ration des brebis? Une récente étude réalisée par l’Institut de l’Elevage à partir du suivi de 3321 brebis de race Mouton Vendéen conduites en système herbager donne un éclairage nouveau. En fait, la stratégie à adopter dépend de l’état des brebis. Si ces dernières sont en bon état corporel (note d’état supérieure ou égale à 3), les brebis seront fertiles dès le premier cycle de lutte. Inutile d’ajouter du concentré. Mais attention, elles ne doivent pas maigrir pendant la lutte sous peine de contre performances.

Une conduite à part pour les brebis maigres
Si les brebis sont maigres (note d’état corporel = 2), le taux de fertilité sera correct à condition que les brebis prennent de l’état. Mais si ce n’est pas le cas, la fertilité est inférieure de 5 % de celle des brebis en état. Si les brebis maigres maigrissent au cours de la lutte, le taux de fertilité sera alors fortement pénalisé (- 17%). D’autre part, la proportion de brebis maigres qui sont fécondées sur le premier cycle de lutte sera plus faible que si les brebis sont en bon état. Dans les régions qui ont eu la chance d’avoir des pluies suffisantes la semaine dernière, on peut compter sur cette herbe de bonne valeur alimentaire pour assurer les prises de poids sans ajouter de concentré.
Enfin, si les brebis sont très maigres (note d’état corporel = 1), le taux de fertilité sera pénalisé dans tous les cas. Sans augmentation du poids vif au cours de la lutte, l’écart de fertilité est de plus de 20 % avec des brebis en état. Si ces brebis très maigres prennent du poids au cours de la lutte, cet écart est fortement minimisé. Ces brebis doivent donc être triées et préparées à la lutte trois semaines avant le début des luttes avec un apport de 300 à 500 g de céréales par brebis et par jour s’il n’y a pas d’herbe.

Pour en savoir plus sur les notes d’état corporel, vous pouvez consulter la vidéo « évaluer l’état corporel des brebis » sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Préserver les prairies et affourager les brebis

Une plante ne peut pas développer ses racines sans feuille et le système racinaire est particulièrement important en été pour résister et assurer les repousses. Une herbe pâturée très raz en été épuise le végétal qui redémarre très mal au retour de conditions plus favorables. De plus, la prairie se dégrade.

En conséquence, s’il n’y a d’herbe à pâturer, mieux vaut rentrer les brebis en bergerie ou bien « sacrifier » des vieilles prairies qui seront retournées et y « stocker les brebis » avec du fourrage et éventuellement du concentré. Les brebis vides et en milieu de gestation se satisfont d’un foin de qualité moyenne si elles sont en bon état. Un ratelier pour 50 brebis suffit alors.
Les brebis dans le dernier mois de gestation nécessitent par contre un apport de concentré qui est lié à la taille de la portée et au stade de gestation. Enfin, la même ration qu’en bergerie est indispensable pour les agnelles de renouvellement.  
Le pâturage pourra reprendre dès que les pluies auront permis une repousse et que l’herbe verte sera au niveau du talon de la botte.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Préparer les béliers pour les luttes d'automne

Contrairement aux brebis, la période de préparation à la lutte des béliers est bien supérieure à trois semaines.  En effet, la durée de fabrication des spermatozoïdes étant de 60 jours, le flushing doit démarrer au moins deux mois avant le début des luttes. Les besoins en énergie des mâles sont alors à majorer de 15 à 20 %. Ceux en azote restent par contre inchangés et seule la part de céréales doit être augmentée. Une note d’état corporel de 3 sur une échelle de 0 à 5 (de très maigre à très gras) est recommandée à la mise en lutte. Les béliers trop maigres saillissent peu.
Si les béliers sont conduits en bergerie,  un apport de 200 g de céréales par jour en supplément de la ration de base est  alors conseillé deux mois avant la mise à la reproduction. Une cure de vitamines AD3E réalisée au cours de cette période, peu onéreuse, peut améliorer les capacités de reproduction des mâles.

Un bélier pour 40 brebis
Si les béliers sont à l’herbe, une complémentation en céréales est également préconisée. Avec de l’herbe feuillue, elle peut être limitée à 500 g par jour.  Si l’herbe est de qualité moyenne, distribuer alors 700 g par jour. D’autre part, un déparasitage est indispensable.
Pour assurer fertilité et prolificité sur les brebis, le ratio d’un bélier pour 40 à 50 brebis adultes pour des luttes d’automne et 1 bélier pour 20 à 25 agnelles est à respecter. Enfin, il est utile de vérifier le bon état de marche des béliers avant la mise en lutte. Des vidéos disponibles sur les deux sites www.inn-ovin.fr et www.idele.fr vous explique les gestes à réaliser ainsi que la grille de notation de l’état corporel.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Foin : des fauches tardives à analyser

Une analyse de fourrages permet d’ajuster au mieux les quantités de concentré au mieux. Cela est d’autant plus utile cette année que la grande majorité des fourrages a été récoltée tardivement, compte tenu des conditions météorologiques. Une analyse simple (matière sèche, UF, PDI, Calcium et Phosphore) coûte entre 15 et 35 €. Il suffit pour cela de prélever un échantillon de 300 g minimum de foin sur au moins 3 bottes de la même catégorie (date de fauche, espèces présentes) en privilégiant l’intérieur de la botte. La Chambre d’Agriculture peut vous accompagner pour faire les analyses. Pensez lors du stockage à identifier la provenance des bottes en indiquant les conditions de récolte.
D’autre part, si vous avez des doutes sur le taux de matière sèche des bottes de foin, sachez qu’il est possible d’évaluer le risque de combustion à l’aide d’une barre de fer enfoncée dans la botte. Au bout d’une heure, si la barre est trop chaude pour être tenue à main nue, il y a un risque (source : Arvalis). L’utilisation d’une sonde thermique reste bien sûr plus fiable. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

La France est candidate pour le mondial de tonte en 2019

Les championnats mondiaux de tonte ont lieu tous les deux ans depuis une quarantaine d’années. La plupart du temps, ils sont organisés dans l’hémisphère sud et nos meilleurs tondeurs français y participent. Mais la France n’a jamais organisé ce type d’évènement.
 « C’est une première, explique Christophe Riffaud, le président de l’association spécialement créée pour l’occasion (AMTM). Et nous avons besoin du soutien de l’ensemble de la filière pour réussir ce défi ».  L’équipe organisatrice, très motivée autour de son président, tondeur professionnel et éleveur, prépare le dossier de candidature qui sera défendu en Nouvelle Zélande en 2017 lors des prochains mondiaux de tonte. « L’Irlande du Nord est également candidate, indique Nicolas Faurie, animateur en charge du dossier. Pour avoir un maximum de chances d’être choisi, nous réalisons des démonstrations de tonte toutes les semaines lors de manifestations diverses. Nous communiquons ainsi à la fois sur ce métier et sur la candidature afin de réunir un maximum de partenaires et de créer un réel engouement autour de cette pratique. Nous devons montrer à la commission de candidatures que le projet est soutenu par tout un pays ».

5000 animaux tondus
Car l’évènement serait de taille ! Plus de 300 tondeurs de 30 nationalités différentes, 5000 animaux tondus et 30 000 visiteurs se donneraient rendez vous au Dorat, au nord de la Haute Vienne, en juillet 2019. Avec un budget nécessaire de 640 000 €, l’association organisatrice réunit actuellement les promesses de financement.
Pour les entreprises et associations qui souhaitent s’associer à la candidature de cet évènement, vous pouvez contacter l’équipe organisatrice à l’adresse suivante : asso.amtm@remove-this.gmail.com.


Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Les activités du  CIIRPO sont financées par l’Union Européenne  et les conseils régionaux Limousin, Poitou Charentes et Centre Val de Loire

Quelques conseils pour pour créer un troupeau ovin

La première l’étape est de constituer un troupeau de bonne valeur génétique et offrant des garanties sanitaires.  Ensuite, des règles simples permettent de conserver un troupeau productif capable d’exprimer tout son potentiel. Pour des raisons économiques, il est fortement conseillé de parvenir rapidement à l’objectif de taille de troupeau dit de « croisière ». Lorsque l’on crée un troupeau ovin, les possibilités d’accroissement interne sont très limitées. Dans son plan de financement, il vaut alors mieux prévoir des achats d’agnelles pour atteindre les objectifs de taille de cheptel dans les délais prévus.  Il ne faut surtout pas faire l’impasse sur les réformes pour des causes d’infertilité dès la première année car c’est le premier réservoir à brebis improductives.

Un à trois ans maximum
Plusieurs situations peuvent se présenter. Pour constituer un troupeau de moins de 250 brebis, il faut prévoir d’atteindre l’effectif de croisière au plus tard la seconde année (la totalité des brebis est alors mise à la reproduction en année n+1, l’année n étant celle de l’installation). Pour constituer un troupeau supérieur à 250 brebis, l’effectif de croisière sera atteint au plus tard la troisième année. En production laitière, 90 % des objectifs de production doivent être atteints en année n+1.

Les possibilités de pâturage (dont les clôtures), la constitution des stocks hivernaux et la place en bergerie doivent évoluer parallèlement à l’augmentation de l’effectif. Se renseigner auprès de son technicien pour connaitre les besoins selon la production (viande ou lait) et la conduite de l’élevage.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Du sel toute l'année et des cures de minéraux aux moments clefs pour les brebis

Dans les conduites herbagères, l’apport de minéraux toute l’année, en plus d’être très coûteux, peut est préjudiciable pour la santé des animaux. En effet, l’excès d’un élément est alors à craindre, ce dernier bloquant l’assimilation d’un autre. Si le troupeau est plutôt en bonne santé, une conduite simple et économe est à privilégier. Des cures de minéraux aux moments stratégiques suffisent : un mois avant la mise à la reproduction et un mois avant l’agnelage. Au cours des autres stades physiologiques, des cures d’un mois maximum alternées avec un ou deux mois sans apport sont également possibles : pierre ou seau enrichi en zinc pour les boiteries par exemple.

Le sel est nécessaire pour produire
Philippe Dubois, vétérinaire au Groupement de Défense Sanitaire de la Charente explique que « s’il n’y a pas de problème sanitaire particulier sur le troupeau, les formes minérales chélatées ou organiques apportent peu, sauf excès d’un autre élément qui ne serait pas corrigeable». D’autre part, un complément minéral avec du cuivre ajouté est à proscrire pour les ovins sans diagnostic de carence. Enfin, l’apport d’un élément sur les prairies par des engrais enrichis (en sélénium par exemple) est moins efficace que l’apport direct à l’animal car la plante l’absorbe plus ou moins bien. Par contre, une pierre de sel doit être disponible toute l’année (à l’herbe et en bergerie) pour les brebis, les béliers et les agneaux sevrés : le sel est nécessaire pour produire de la viande et du lait.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Un temps à haemonchose

Parmi les nombreux strongles gastro-intestinaux, l’haemonchose est parmi les plus sournois. Les ovins qui pâturent y sont particulièrement sensibles. L’évolution est en effet très rapide après l’infestation. Le cycle du parasite est de l’ordre de 15 jours en conditions favorables (chaleur et humidité), d’où une multiplication très rapide. Les symptômes peuvent facilement se confondre avec une autre maladie, une entérotoxémie par exemple.
Les animaux perdent l’appétit et s’anémient très rapidement. La mort est rapide et le taux de mortalité peut être élevé. Le risque est maximal 10 à 15 jours après un orage violent entre les mois de juin et septembre. Les jeunes animaux (agneaux de moins de 6 mois) et les adultes en mauvais état corporel sont les plus touchés.

Prévenir plutôt que guérir
Même si des traitements curatifs d’urgence peuvent être mis en place en cas d’haemonchose déclarée afin de limiter la mortalité, c’est une pathologie qu’il faut prévenir. Le mal est en effet déjà fait quand on identifie la maladie à partir des symptômes. Sauf si les animaux restent en bergerie à l’issue du traitement, il vaut mieux utiliser des strongicides à action rémanente. « Il est possible d’utiliser des produits antiparasitaires à base d’Ivermectine, de Moxidectine, de Doramectine ou de Closantel, indique Laurent Saboureau, vétérinaire à l’Alliance Pastorale. Il est indispensable d’alterner les matières actives afin de limiter les problèmes de résistance ».

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Le méteil récolté en grains est-il adapté pour finir des agneaux ?

Mélange de céréales et de protéagineux, le méteil a pour particularité de présenter des proportions différentes de chaque composant pour un même mélange au semis. Ainsi, pour être sûr que le mariage des graines récoltées correspond bien aux besoins des agneaux, il est utile de le vérifier.
Du côté de l’énergie, il y a peu de soucis à se faire. La valeur énergétique recommandée d’un aliment pour agneau sevré de bergerie est en effet comprise entre 0,9 et 1 UFV par kg brut (avec un fourrage de faible ou qualité moyenne). Celle des céréales est comprise entre 0,9 et 1 UFV (à l’exception de l’avoine qui ne titre que 0,7 UFV par kg brute). Quant aux protéagineux, ils sont particulièrement riches en énergie : de 1 à 1,2 UFV. Le mélange de chaque matière première, quel que soit leur proportion, remplit alors les objectifs.

Trier et peser chaque composant du méteil
Ce n’est pas le cas de la valeur azotée. Une trop faible proportion de protéagineux se traduit en effet par une ration qui peut induire des baisses de croissances. Pour rétablir si besoin cette valeur azotée qui doit se situer entre 16,5 et 17,5 % de MAT, plusieurs solutions sont possibles.
La première consiste à ajouter une autre source de concentré azoté : tourteau d’oléagineux ou protéagineux. D’autre part, il est possible de distribuer aux agneaux un fourrage particulièrement riche en légumineuses.
Une méthode simple pour évaluer la valeur du méteil en grain est de trier puis de peser chaque matière première. Après consultation des tables de valeurs alimentaires INRA, il reste alors  à appliquer ces valeurs à chaque proportion de céréale et de protéagineux. Une analyse chimique de chaque composant reste bien sûr plus juste.
Enfin, les céréales et protéagineux étant particulièrement riches en phosphore, un complément minéral de type 0-20 et contenant du chlorure d’ammonium doit être ajouté au mélange à raison de 3%.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

20% de pertes à la récolte de foin

Selon Pierre Lépée de la Chambre d’Agriculture de la Creuse, il est possible de limiter les pertes à récolte qui sont de 20 % pour une récolte en foin.

«  La première préconisation est de faucher à 6-7 cm de hauteur, indique-t-il. Le fourrage repose alors sur un matelas. Il est moins souillé par la terre et le séchage s’en trouve amélioré. Si possible, faucher l’après midi car les plantes sont plus sèches que le matin ».

La seconde est de faner tout de suite après la fauche ou utiliser le système andain large des faucheuses conditionneuses. L’ensemble du  fourrage est alors rapidement exposé au soleil. Un second fanage peut être réalisé en fin de matinée. Cet horaire d’intervention permet de limiter les pertes de feuilles car elles sèchent deux fois plus vite que les tiges. Enfin, il est conseillé d’andainer en utilisant un régime lent de la prise de force, puis rouler plus vite en changeant les rapports. En vitesse optimale, l’andaineur commence à laisser du fourrage.


Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Certification de spécialisation ovin : apprendre en travaillant

Par la voie de l’apprentissage ou bien en formation pour adultes, le certificat de spécialisation ovin a été spécialement créé pour former des professionnels de l’élevage ovin, en production de viande ou de lait. Au cours de cette formation de 6 mois à 1 an selon la formule choisie, au moins la moitié du temps est consacrée au travail en élevage. A l’issue de cette formation, de solides connaissances pratiques et théoriques sont acquises ainsi qu'une capacité d'analyse pour améliorer les résultats économiques de l'atelier ovin. Les apprenants sont alors prêts pour mettre en œuvre leur projet professionnel : s’installer comme éleveur, être salarié dans une exploitation ovine ou encore technicien spécialisé ovin dans une structure.
Ce certificat de Spécialisation Ovin est dispensé dans neuf Centres de Formation pour Apprentis Agricoles (CFAA) et Centres de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole (CFPPA) répartis sur toute la France. N’hésitez pas à contacter les formateurs pour plus d’informations :
En Ovins Viande :
CFPPA de Saint Flour (15) : luc.hugon@remove-this.educagri.fr
CFPPA de la Côte-Saint-André (38) : benoit.girard@remove-this.educagri.fr
CFPPA du Lot (46) : cfa.lot@remove-this.educagri.fr
CFPPA de Charolles (71) : eric.nigay@remove-this.educagri.fr
CFPPA de La Roche sur Yon (85) : karine.brillier-laverdure@remove-this.educagri.fr
CFPPA de Montmorillon (86) : cecile.navelet@remove-this.educagri.fr
CFPPA Les Vaseix-Bellac (87) : franck.dudognon@remove-this.educagri.fr
CFPPA de Mirecourt (88) : andre.dirand@remove-this.educagri.fr
En Ovins Lait :
CFPPA de Saint-Affrique (12) : severine.cassel@remove-this.educagri.fr

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Investir dans une salle de tonte

Inspirée des modèles utilisés dans l’hémisphère sud, la salle de tonte fait partie des équipements qui facilitent le travail. Car ce sont les tondeurs qui attrapent. L’éleveur approvisionne les cases d’attente et ramasse la laine. Un plancher de 80 cm évite désormais de se baisser et le tri des parties souillées de la laine est plus facile.

Une salle de tonte à deux postes peut se justifier à partir de 450 brebis. Son emplacement doit être bien réfléchi pour l’accès et la circulation des animaux. En matière de surface, 35 m² minimum sont nécessaires (salle de tonte +  espace pour les ramasseurs de laine mais sans l’emplacement pour les curons). La hauteur du montant des portes et des supports de potence atteint 3,10 m. Pour une salle de tonte à deux postes, le montant de l’investissement est de l’ordre de 4 300 € hors taxes.

Il est également possible de se procurer gratuitement les plans auprès de la Chambre d’Agriculture de la Haute Vienne ou au CIIRPO.
Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la vidéo « la tonte n’est plus une corvée avec la salle de tonte » sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr.


Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Les agneaux à l'herbe boîtent : que faire ?

Les conditions météorologiques de printemps favorisent les boiteries sur les agneaux. Il s’agit le plus souvent de « mal blanc » lié à l’humidité de l’herbe et du sol. Des passages successifs au pédiluve, au moins deux,  suffisent à enrayer cette pathologie à condition d’être réalisés dès les premiers signes de boiterie. La guérison est alors rapide. Laisser stationner les agneaux 15 minutes dans le pédiluve (pédiluve de grande capacité de type stationnement) conduit au même résultat. Pour être efficace, un pédiluve doit être propre. Dans le cas contraire, le remède peut être pire que le mal ! Du sulfate de zinc (à raison de 15 %) ou de cuivre (à raison de 8 à 10 %) sont ajoutés à l’eau.

De la paille au fond du pédiluve
Les jeunes agneaux circulent très mal lors du premier passage au pédiluve. Une astuce consiste à y ajouter de la paille la première fois : les agneaux ne voient pas l’eau et passent plus facilement. Les faire circuler avec leurs mères facilite également le travail.
Si quelques agneaux seulement sont atteints, asperger un spray de chélates de cuivre et de zinc, ou un spray anti-infectieux ou antibiotique entre les deux onglons est également efficace. 


Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

De l'enrubannage de premier choix pour les brebis

L’enrubannage coûte 40 % plus cher que le foin ramené à la tonne de matière sèche : 92 € contre 65 € (source : Herbe et fourrages en Limousin 2015). De plus, il doit être d’excellente qualité afin d’éviter les problèmes sanitaires. Le principal facteur de réussite reste le taux de matière sèche à la récolte, avec un optimum compris entre 50 et 60 %. En effet, la fauche est en général réalisée début épiaison pour les graminées et bourgeonnement pour les légumineuses et le fourrage est récolté en brins longs. Il est ainsi moins riche en sucres et plus difficile à tasser. Le développement des bactéries butyriques est favorisé,  entrainant de mauvaises qualités de conservation. En dessous de 40 % de matière sèche, le risque est plus élevé. De plus, la présence de terre (attention aux taupinières !) accentue les risques de listériose. Au-delà de 70 % de matière sèche, les bottes sont insuffisamment tassées et des moisissures apparaissent.

Identifier les bottes par parcelles
La valeur alimentaire de l’enrubannage reste exclusivement liée à celle du fourrage fauché. La bâche est à l’herbe ce qu’est le bocal aux haricots verts : un mode de conservation ! Par exemple, pour une fauche au 20 mai de prairies à base de graminées, la valeur alimentaire à la distribution est de l’ordre de 0,8 UFL et 70 g de PDI par kg de matière sèche. L’identification des bottes par le nom de la parcelle facilite la répartition en fonction du type d’animaux au cours de l’hiver. Les marques à l’aide de bombes de peinture (rouge, bleu, vert) pour animaux résistent aux intempéries  toute une campagne.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

C'est le moment d'engraisser les brebis de réforme

Dégager une marge de l’ordre de 30 € par brebis de réforme est possible mais quatre conditions sont nécessaires. L’une d’elles concerne le type de ration. Son coût ne doit pas dépasser 20 centimes d’euro par jour. Avec de l’herbe de printemps qui présente une très bonne valeur alimentaire, la ration est la moins coûteuse avec 7 centimes d’euro. Toutefois, si le chargement à l’herbe est déjà élevé pour le reste du troupeau, cette solution ne doit pas être retenue car l’engraissement des brebis de réforme n’est pas prioritaire sur l’exploitation et cette technique ne se justifie que si les stocks sont supérieurs aux besoins des brebis qui produisent des agneaux.

100 jours d’engraissement
Mais la principale condition réside dans l’état corporel initial des brebis. En effet, ce sont les brebis maigres en début d’engraissement qui dégagent les meilleures marges. Celles qui ont suffisamment de potentiel assurent des croissances soutenues de l’ordre de 150 grammes par jour et sont finies en moyenne après 100 jours d’engraissement. Pour les autres, mieux vaut les vendre une fois ce délai passé quel que soit leur état d’engraissement. Les brebis peuvent par exemple être identifiées à la peinture en début d’engraissement en notant le mois. Choisir alors des bombes de couleur qui perdurent dans le temps : vert, rouge et bleu par exemple.
Pour calculer l’intérêt économique de la finition de vos brebis de réforme, une feuille de calcul «outil de simulation de l’intérêt économique de l’engraissement des brebis de réforme» est disponible sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Lire les étiquettes des aliments est utile

De nombreuses indications figurent sur le bon de livraison ou bien sur le sac des aliments. Lors d’un changement d’alimentation, il est utile de vérifier que le concentré acheté correspond bien aux besoins des animaux auxquels il est destiné.
Que l’aliment soit complet ou bien à distribuer en compléments de céréales, la même dénomination est indiquée sur l’étiquette. Et c’est la teneur en  protéines brutes qui permet de différencier les deux. Dans un aliment complet destiné aux agneaux en finition en bergerie, elle est de l’ordre de 16 à 18%. Dans un aliment à associer aux céréales, la teneur en azote est supérieure à 20 %.  Si l’addition de chlorure d’ammonium figure dans la liste des additifs,  les agneaux sont assurés de ne pas présenter de gravelle. 

Un aliment spécifique ovin
Aurelie Cazenave, de DFP Nutraliance, explique que « la première mention à vérifier est que l’aliment est bien destiné aux ovins. Si l’espèce n’est pas mentionnée dans la liste, la confirmation que le cuivre ne fait pas partie des additifs est indispensable sous peine de risque important d’intoxications ». D’autre part, si la « date limite de consommation » (appelée aussi « date de durabilité minimale ») est dépassée, les risques sanitaires restent limités. En effet, seules les vitamines et les levures perdent alors une partie de leur efficacité (sauf défaut de conservation avec présence de moisissures par exemple).


Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Prévenir les risques sanitaires liés à la mise à l'herbe

Pour les brebis et éventuellement leurs agneaux, la mise à l’herbe est synonyme de trois changements majeurs. Le premier concerne l’alimentation avec le passage d’une alimentation sèche à une alimentation à base d’herbe, souvent riche en eau et pauvre en lest et en magnésium. Le second est un changement d’environnement avec le passage de la bergerie au pâturage extérieur, soumis aux stress et aléas divers et variés, en particulier en matière de températures et de précipitations. Le troisième concerne un renforcement du risque parasitaire.

Des moyens de prévention efficaces
Laurent Saboureau, vétérinaire à l’Alliance Pastorale explique que « les principales précautions à prendre sont d’une part une mise à l’herbe progressive, autour des bâtiments, quelques heures par jour. D’autre part, un fourrage sec pour assurer un lest digestif et un concentré énergétique sont distribués au cours de cette période de transition. Enfin, la mise à l’herbe est réalisée en dehors d’une période de fortes d’intempéries ».  Afin de prévenir la tétanie d’herbage, un minéral riche en magnésium (minimum 10%) et en oligo-éléments est distribué sous forme d’Aliment Minéral Vitaminé ou bien de pierre ou de seau, 1 mois avant et jusqu’à 1 mois après la mise à l’herbe. « Concernant les enterotoxémies, la prévention la plus efficace reste la vaccination. Mais attention : que les agneaux soient nés de mères vaccinées ou non, deux injections à un mois d’intervalle sont nécessaires avant la mise à l’herbe », conclut Laurent.


Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Mélatonine : coût et mode d'emploi

La mélatonine est une hormone secrétée naturellement par tous les mammifères, uniquement la nuit. La méthode Mélovine® a été mise au point par l’INRA et commercialisée à la fin des années 1990. Elle consiste à déposer à l’oreille de l’animal un petit cylindre libérant progressivement la mélatonine pendant au moins 100 jours.

Une avance de saison d’un mois et demi
 Pour des brebis qui ne sont pas en saison sexuelle mais qui le serait dans le mois qui suit, la mélatonine qui se libère dans le sang leur fait croire que les nuits sont longues et que l’automne arrive. Une lutte naturelle est alors possible.
Cette méthode permet une avance de saison de l’ordre d’un mois et demi, c’est-à-dire des luttes au 1er juillet. La pose de la mélatonine est réalisée 42 jours avant l’introduction des béliers, soit début juin. Le coût est le même que celui d’une éponge, soit environ 4,5 à 5 € par brebis. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Les soins aux jeunes agneaux

La campagne d’agnelages n’est pas encore terminée dans de nombreuses exploitations. Sur le nouveau-né, les soins suivants sont essentiels pour limiter les problèmes sanitaires. Le premier concerne la vérification de la prise colostrale. Elle doit être réalisée sur tous les agneaux dans les 6 heures qui suivent la naissance. En cas  d’absence de prise de colostrum par l’agneau, la substitution par du colostrum de tout ruminant (brebis, chèvre, vache) ayant mis bas moins de 12 heures avant la traite, permet un bon transfert d’immunité à l’agneau.

Désinfecter le nombril dès la naissance
La désinfection du nombril est effectuée sur tous les agneaux le plus tôt possible après la naissance, au maximum dans les 12 heures. Cette intervention peut être réalisée par pulvérisation ou à l’aide d’une solution de trempage renouvelée au minimum 3 fois par semaine voir plus en cas de fortes chaleurs (ou tous les 20 à 30 agneaux lors du pic des mises-bas). La pulvérisation est bien adaptée en matière d’hygiène mais nécessite une application sur l’ensemble du cordon.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter les fiches CIIRPO : « De nouvelles références sur la qualité du colostrum », « Diminuer la mortalité des agneaux, c’est possible ! » et la vidéo « le colostrum : l’assurance vie de l’agneau » sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

PMSG : adapter la dose au lot de brebis

la PMSG est préparée au calme

La principale fonction de la PMSG est d’induire les chaleurs et les ovulations. Au retrait des éponges qui a bloqué le cycle de la brebis, un minimum de 250 à 300 UI de PMSG est indispensable pour déclencher les deux hormones chez la brebis responsables de l’ovulation : LH et FSH. L’éponge seule ne suffit pas, même en plein automne. Mais la PMSG, hormone issue d’un sérum sanguin de jument gestante, a une action essentiellement sur la FSH, d’où un risque de super ovulation car cette hormone produite par l’hypophyse stimule les follicules.

Du simple au double
La dose de PMSG est à adapter en fonction des aptitudes naturelles des femelles : plus elles sont prolifiques et présentent des aptitudes au désaisonnement, moins il faut de PMSG. Ci-dessous un tableau avec des doses indicatives selon la saison et le type de femelles. 
En matière de précaution, la PMSG doit être préparée moins de deux heures avant son injection, toujours en intramusculaire. Tout traitement ou vaccin est déconseillé entre la pose des éponges et dans les trois semaines qui suivent l’insémination animale ou le retrait des béliers.
Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la vidéo « poser et déposer les éponges vaginales» sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

Tableau des doses indicatives de PMSG :

Catégorie de brebis Adultes Agnelles
Race Bouchère, rustique
et laitière
prolifique Bouchère Rustique Laitière
Automne 500UI 300 UI 400 UI 300 à 350 UI 300 à 350 UI
Printemps, été, hiver 600 UI 400 UI 400 UI 400 à 500 UI 350 à 400 UI

* à adapter en fonction des aptitudes en lutte naturelle des femelles : plus elles sont prolifiques et « désaisonnées », moins il faut de PMSG.
Source : Réseau des spécialistes Inn’Ovin

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Les produits et médicaments nécessaires pour l'agnelage

Un quad équipé si les agneaux sont dehors

Pour être complète, la pharmacie d’agnelage (et le réfrigérateur) rassemble les produits suivants. Afin de faciliter les agnelages difficiles, du gel obstétrical est disponible ainsi que des oblets gynécologiques pour limiter les infections. Un analeptique cardiorespiratoire peut être utile pour réanimer un nouveau-né. Pour nourrir et réveiller un nouveau-né refroidi, une solution glucosée à 5 % est particulièrement efficace associée à un séjour sous une lampe chauffante. D’autre part, un soluté calcique et une préparation à base de mono propylène glycol doivent être administrés rapidement en cas de toxémie de gestation ou d’hypocalcémie chez une brebis.

Des désinfectants
Des antibiotiques à base de pénicilline et d’oxytétracycline vous seront prescrits par votre vétérinaire sanitaire pour combattre les infections microbiennes. Afin de lutter contre les complications après la mise bas de type non délivrance, des solutions sont disponibles ainsi qu’un anti-hémorragique en cas de besoin. Enfin, il convient de ne pas oublier le produit désinfectant et asséchant pour les cordons ombilicaux ainsi qu’un produit désinfectant pour les boucles d’identification.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter les deux vidéos « une pharmacie d’agnelage bien garnie » sur www.idele.fr.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Le petit matériel nécessaire pour l'agnelage

Ces petits équipements, peu onéreux, facilitent le travail pendant les agnelages. Pour les brebis qui présentent un prolapsus, des pessaires propres (avant la mise bas) et du galon de Bühner (après la mise bas) sont disponibles dans la pharmacie d’agnelage. Le pélican est désinfecté pour sonder les jeunes agneaux qui refusent de téter. La lampe chauffante est en état de marche pour réchauffer un nouveau-né ou le coin des « biberons ». Une corde à « veau » pour faciliter une adoption et éventuellement une cordelette pour aider à faire naitre un agneau sont également rangées. Des gants à usage unique sont disponibles pour un agnelage difficile afin de prévenir la transmission d’une maladie infectieuse.

Un thermomètre et des aiguilles jetables
Plusieurs petits équipements utilisés toute l’année sont particulièrement utiles pendant l’agnelage. Le thermomètre est l’un d’entre eux. En effet, une température supérieure à 39,5/40°C est synonyme de problème infectieux et donc de recours à un antibiotique. Pour réaliser les injections, en particulier sur un petit agneau, l’utilisation de seringues et d’aiguilles à usage unique (de couleur jaunes, bleues et roses) est conseillée. Enfin, des petites bouteilles ou des poches à glaçons de colostrum (de brebis, de vaches ou de chèvres) sont stockées dans le congélateur, prêtes à être décongelées.
Pour en savoir plus, vous pouvez consulter les deux vidéos « une pharmacie d’agnelage bien garnie » sur www.idele.fr

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

La mise à l'herbe des agnelles nées en automne

Sans préparation à la transition alimentaire, les jeunes agnelles subissent de plein fouet le changement de régime alimentaire. N’ayant jamais vu un brin d’herbe, elles restent groupées à la barrière et ne pâturent qu’au bout de quelques jours. La chute de poids peut alors atteindre plusieurs kilos. Il est possible d’ajouter quelques brebis (de réforme par exemple) au lot d’agnelles afin de faciliter cet apprentissage. Les brebis les guident jusqu’au point d’eau et aux abris. Apporter du concentré à l’herbe pendant deux semaines facilite la transition alimentaire sans les rentrer en bergerie tous les soirs.

Des objectifs de poids minimums
A la mise à l’herbe de printemps,  les agnelles nés en août/septembre doivent peser au minimum 40 kg et celles nées en octobre/novembre au moins 32 kg. Les objectifs de croissance de la mise à l’herbe à la mise en lutte varient en fonction de l’âge à la mise à la reproduction. Dans tous les cas, l’herbe de printemps suffit alors à équilibrer la ration. L’apport de concentré est inutile. Une attention particulière doit être portée au parasitisme. Bien qu’âgées de 4 à 7 mois à la mise à l’herbe, ces agnelles qui n’ont jamais pâturé ne disposent d’aucune immunité car elles n’ont jamais été en présence des parasites qui se développent à l’herbe (strongles et ténia). Prenez contact avec votre vétérinaire et votre technicien pour bâtir un protocole sanitaire adapté à votre élevage.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Une production d'agneaux en hausse en 2015

Pour comprendre le mécanisme complexe qui agit sur le prix de l’agneau français, il reste nécessaire de connaitre les tendances mondiales. Marie Carlier de l’Institut de l’Elevage explique que « cette production est en hausse de 1% par an. L’Asie représente la moitié des volumes avec la Chine comme premier producteur avec 158 millions d’ovins. L’Afrique est en seconde position avec 20 % de la production, l’Europe et l’Océanie (avec la Nouvelle Zélande) suivent avec 13 % des volumes chacune ».

Une relance de la consommation?
En 2015, les exportations de la Nouvelle Zélande vers la Chine se sont tassées et la Nouvelle Zélande a davantage exporté vers le Royaume Uni. Mais ce n’est pas ce phénomène qui est à l’origine de la baisse des cours en France. En fait, c’est la chute du prix des peaux et la diminution de la consommation en France qui a pesé sur le marché.
L’an dernier, les élevages de l’hexagone ont produit 0,5 % de viande d’agneaux de plus qu’en 2014. Pour 2016, les experts prédisent une diminution de la production en Nouvelle Zélande mais une production plus importante Outre-Manche. « La consommation de viande d’agneaux devrait augmenter à court ou moyen terme dans le Monde, ajoute Marie Carlier. Mais cela reste une inconnue en France. Et pourtant, si on veut relancer la production française, il faudrait commencer par relancer la consommation ».


Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

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Pascal CARILLET
Conseiller production ovine
Tél : 03.29.83.30.01